Toutes les Étoiles en parlent du 10 Juin 2010
Toutes les Étoiles en parlent
du 10 Juin 2010

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* Jean-Pierre Crépin co-auteur de "Crise & Mutations"


Jean-Pierre Crépin, ex-associé du Groupe de Marketing High Co, est un spécialiste de la mutation consommateur citoyen. Il est également l’auteur du blog Nécronomie, sur lequel il chronique la crise après l’avoir annoncée dès 2005.
Jean-Pierre Crépin a passé plusieurs années en Chine et en Turquie. Sa capacité d'analyse des ressorts de l'économie mondiale et de son évolution, son regard sur l'asservissement des consommateurs citoyens que nous sommes aux dures règles des marchés, lui permettent, aujourd'hui de réfléchir à nos devenirs possibles.

« Que va-t-il rester, en pareille période, pour beaucoup de citoyens du marché, des illusions engrangées par le bonheur consommable, payable à tempérament si les conditions de crédit se durcissent ? Le stress, les sépultures d'entreprises et leurs suicidés ? ».
Il prévoie aussi l'Apocalypse des marques  tout en affirmant: "Seules les entreprises qui auront annoncé clairement leur raison d'être et leur sens survivront à la mutation... ".

 

L'homo economicus est-il promis au bonheur ? Que peut-on installer de durable entre la consommation et la religion dans ce monde où la crainte des dieux a été remplacée par la crainte du marché ?

Constat d’un monde occidental en errance et en déshérence auquel les auteurs se livrent avec une certaine rudesse, mais aussi avec jouissance. Jouissance ?
Celle de pouvoir livrer sa pensée sans retenue. Il semble bien, à la lecture, que rien n’est à garder du système actuel !

De lettre en lettre, de réponse en réponse, l’écheveau se dénoue, et la réalité du monde « moderne » se délite ! La démocratie ?

Elle se résume à un mot d’ordre : faut pas froisser les marchés financiers. La finance ?  Nous savons maintenant où peut nous mener le « trader cocaïnomane » survitaminé aux bonus, jonglant du matin au soir avec des millions virtuels, qui, chose extraordinaire, finissent par retomber dans la réalité en créant des dizaines de millions de chômeurs et de sans abris aux quatre coins du monde.

Le capitalisme ? « L’entreprise est faite pour créer des richesses, pas des emplois.

Les salariés ne sont qu’une variable d’ajustement. » La mondialisation ?
Véritable machine à détruire la nature et les humains pour enrichir quelques milliers d’êtres dont l’égo est atteint d’une inimaginable boulimie inflationniste. Somme toute, une machine à tuer.

Ce ne sont pas les derniers grands singes, tigres, ou lions qui nous contredirons. Notre mode de vie ?

Travailler pour consommer. Le travail ?

Il cite Cioran : " Le travail permanent et soutenu abrutit, banalise et rend impersonnel; l’homme se désintéresse de son évolution intérieure pour s’attacher à n’importe quoi ".
Ainsi, quel constat ? "Désenchantement du monde, où l’on voit le désert s’accroître".

 


Quelle solution face à ce déluge de désillusions ? Peut-être réaliser la profondeur de notre enfoncement dans une horizontalité aliénante ancrée dans l’identification à des désirs, des peurs, de faux besoins, des associations de pensée infusés par les médias. Voir cela s’inscrire en nous. Constater que passant devant une publicité, notre œil s’y attache, qu’une envie s’y colle, qu’un choc nous touche au ventre, que mécaniquement le slogan se répète dans notre tête, comme un métronome, pendant quelques pas, qu’une chansonnette publicitaire paraît indélogeable de notre cerveau…

Quelle solution à part s’arrêter ?

Retrouver le chemin de la verticalité : " L’instant présent est tout ce qui nous reste "